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Le kente : histoire, couleurs et significations

Tissu des rois ashanti et éwé du Ghana, le kente se tisse en bandes étroites et chaque couleur a un sens. Son histoire, ses codes, et comment l’adopter en déco.

SalonCuisine et salle à mangerKente

Image d’illustration créée par IA.

Avec ses bandes aux couleurs éclatantes et ses motifs géométriques, le kente est l’un des tissus africains les plus reconnaissables au monde. Mais derrière sa beauté se cache un véritable langage : chaque couleur, chaque motif a un nom et un sens. Voici ce qu’il faut savoir avant de l’accueillir chez soi.

D’où vient le kente ?

Le kente est né au Ghana, chez deux peuples qui l’ont chacun porté à un très haut niveau : les Ashanti (ou Asante), au centre du pays, et les Éwé, à l’est, jusqu’au Togo voisin. Le village de Bonwire, près de Kumasi, est réputé pour son kente ashanti ; chez les Éwé, la région d’Agotime célèbre chaque année un festival qui lui est consacré.

La tradition ashanti raconte que deux tisserands auraient appris l’art du tissage en observant une araignée tisser sa toile. Longtemps, le kente a été réservé aux rois et aux chefs, portés drapés comme une toge lors des grandes cérémonies. Il est aujourd’hui porté pour les mariages, les fêtes, les funérailles importantes et les remises de diplôme, en particulier sous forme d’étole.

Comment est-il fabriqué ?

Le kente n’est pas imprimé : il est tissé. Sur un métier horizontal à pédales, le tisserand produit de longues bandes étroites, d’une dizaine de centimètres de large. Ces bandes sont ensuite cousues bord à bord pour former une étoffe : il en faut souvent une vingtaine pour un pagne d’homme.

Les motifs naissent de l’alternance des fils de chaîne et de trame, et de blocs tissés en travers de la bande. Le travail est long : un grand kente tissé main représente des semaines, parfois des mois de travail. Les fils étaient traditionnellement en coton et en soie ; on trouve aujourd’hui aussi de la rayonne.

Que signifient les couleurs ?

Chaque couleur porte une valeur. Les interprétations varient selon les régions et les tisserands, mais on retrouve souvent :

  • le jaune or : la richesse, le statut, la royauté ;
  • le vert : la croissance, les récoltes, le renouveau ;
  • le rouge : le sacrifice, la lutte, parfois le deuil ;
  • le bleu : la paix, l’harmonie, l’amour ;
  • le noir : la maturité, la force spirituelle, le lien avec les ancêtres ;
  • le blanc : la pureté, la joie.

Les motifs, eux aussi, portent un nom, souvent tiré d’un proverbe, d’un événement historique ou d’un personnage. Certains dessins étaient autrefois réservés à un roi ou à une lignée.

Kente tissé ou kente imprimé ?

Aujourd’hui, on trouve partout des tissus imprimés reprenant les motifs du kente, sur coton, lin ou polyester. Ils sont bien moins chers et parfaits pour la décoration du quotidien, mais ce ne sont pas des kente au sens propre.

Pour reconnaître un kente tissé main : on voit les bandes étroites et les coutures qui les relient, le motif est identique sur l’envers, et le tissu est épais et un peu rigide.

4 idées pour l’adopter en déco

1. Sur la table

Un chemin de table aux bandes du kente est la façon la plus simple de l’inviter chez soi : il suffit à habiller une table en bois, et s’accorde avec de la vaisselle blanche ou en terre cuite.

2. Une bande encadrée

Un kente tissé main mérite d’être vu. Plutôt que de le couper, encadrez une bande ou tendez un petit pagne sur un châssis : il devient une œuvre murale, à l’abri de la lumière directe.

3. Sur le canapé ou au pied du lit

Posé en jeté sur le dossier d’un canapé uni ou plié au pied du lit, un kente apporte immédiatement de la couleur. Gardez autour des matières unies (lin, bois, rotin) pour laisser parler ses motifs.

4. Par petites touches

Un coussin, une étole accrochée à une patère, un abat-jour : le kente est si graphique qu’une seule pièce suffit par pièce.

Le respecter

Le kente tissé main est un objet de prestige, lié aux grandes étapes de la vie. Évitez de découper un kente ancien, et préférez l’achat auprès d’artisans ou de coopératives qui rémunèrent justement les tisserands. Pour les usages exposés aux taches (table, cuisine), les imprimés sont tout indiqués.

Pour aller plus loin, lisez la fiche kente du glossaire, découvrez les symboles adinkra, ou parcourez la rubrique Kente.

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